JAMAIS ENTENDU PARLER

Liquidation judiciaire de la SNEM ? AIRBUS et SAFRAN vous ne partirez pas sans payer ! fermeture de l’usine + reclassement des salariés + dépollution

En redressement depuis le mois de mars 2018, et en cessation de paiements depuis le mois d’avril, la SNEM serait sur le point d’être placée en liquidation judiciaire par le Tribunal de Commerce de Versailles. Cela entraînerait une cessation d’activités de l’usine de Montreuil, 34 rue des Messiers, c’est à dire – de fait – une fermeture de ce site industriel vétuste, dangereux et pollué.
Depuis un an, nous sommes mobilisés pour obtenir sa fermeture définitive, le reclassement des salariés et la dépollution du site. Aussi, si cette liquidation se confirme, nous aurons passé une première étape.
Mais après un an de lutte, nous ne pouvons que constater la passivité et l’indulgence, voire la complicité de l’état et des pouvoirs publics face aux crimes industriels. De fait, la fermeture de l’usine n’aura pas été imposée par l’état, les pouvoirs publics ou les élu.e.s pour faire cesser l’intoxication des salariés et des populations. Elle n’aura pas été décidée pour faire prévaloir le principe de précaution et les questions de santé au travail, de santé publique et de respect de l’environnement sur les intérêts industriels et financiers.
Elle n’aura pas été décrétée pour faire cesser l’exploitation d’une usine classée ICPE dangereuse et toxique au milieu d’une ville densément peuplée et à côté des écoles, malgré les nombreux dysfonctionnements et les non-conformités constatés par les services de la préfecture.
Elle fermera pour des raisons commerciales : à cause de l’abandon de la SNEM par ses donneurs d’ordre – AIRBUS et SAFRAN – qui ont cessé de lui passer commande. Abandon qui s’explique peut-être, en partie, par les révélations en novembre 2017 par le journal Le Monde des non-conformités des pièces fournies par la SNEM, fraudes connues des avionneurs en interne depuis 2014 et connues à présent de l’état et du gouvernement français ainsi que des responsables européens.
Aujourd’hui, alors qu’ils ont traité pendant des années des pièces métalliques pour les A380, les A350 et les A320 avec des procédés hautement toxiques, interdits en Europe, et dans des conditions de travail dangereuses pour leur santé, les salariés du site de Montreuil vont perdre leurs emplois sans qu’aucune perspective de reclassement ne soit envisagée par AIRBUS. L’avionneur considère
en effet que « dans la chaîne de sous-traitance qui le lie à la SNEM, il est trop éloigné de cette usine pour pouvoir en porter la responsabilité en matière sociale et environnementale ». Depuis juillet 2017, il a pourtant diligenté en urgence 4 audits sur le site de Montreuil et renouvelé sa qualification de fournisseur officiel à la SNEM en mars 2018. Aujourd’hui, alors que les activités de chimie sale hors de contrôle des ateliers de traitements de la rue des messiers ont lourdement pollués l’environnement, la situation impécunieuse de la SNEM l’exonérera de toutes ses responsabilités de cessation d’activités, en particulier de mise en sécurité du site, d’analyses et de diagnostics des milieux et de dépollution. Or, le rapport DEKRA du 28 novembre 2017 révèle un niveau élevé de contamination des sols – notamment la présence anormale de chrome 6 – avec une pollution étendue hors du site de l’usine, et la présence d’ouvrages sous-terrains non déclarés par l’exploitant, dont une cuve de plus de 5 mètres de profondeur contenant une substance non identifiée.
Pendant des années, à Montreuil, AIRBUS et SAFRAN ont fait produire à faibles coûts des pièces métalliques en fixant les prix et en imposant les procédés. Aujourd’hui, ils ne peuvent pas se contenter d’abandonner la SNEM et son gérant, devenus gênants, sans assumer le coût de la cessation d’activités, le reclassement des salariés et la dépollution du site. Il est temps que ces grands avionneurs, subventionnés par l’union européenne, mettent en pratique les labels «Relations Fournisseurs Responsables » et les chartes RSE qu’ils promeuvent.

 

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